Inquiétudes de rentrée

Intervention au nom des élus "Ensemble à Tours, une université pluridisciplinaire et collégiale", lors du congrès de l'université du 23 septembre 2013. (Fabienne Toupin)

 

Intervention des élus "Ensemble à Tours",

au Congrès de l'Université,

23 septembre 2013

 

 

À l'occasion du Congrès de notre Université, les élus "Ensemble à Tours" souhaitent s'exprimer sur certaines évolutions qu'ils jugent particulièrement préoccupantes et esquisser une manière de contre-bilan (certes elliptique), ceci un an et demi après leur élection dans les divers conseils de l'établissement. Dans cet esprit, deux thématiques sont retenues : la mise en œuvre de la loi Fioraso dans notre Université etla politique d'établissement.

 

1. La mise en œuvre de la loi Fioraso dans notre Université

1.1 Le nouveau dispositif législatif élaboré par Geneviève Fioraso ne met pas à mal la loi LRU, mais au contraire la prolonge dans ses aspects les plus nocifs, tels les Responsabilités et Compétences Élargies, dispositif qui attribue à l'Université la gestion de ses personnels et crée des situations d'austérité budgétaire, voire de pénurie – j'y reviens dans un instant.

1.2 Par ailleurs, nous sommes favorables aux coopérations, lorsqu'elles sont désirées par l'ensemble de la communauté et mutuellement avantageuses, mais nous nous inquiétons vivement de la régionalisation de l'enseignement supérieur, et nous refusons de voir ce dernier, à Tours, mis sous tutelle de la région et/ou du rectorat dans la logique appelée "bac – 3 / bac + 3". Le risque lié à ces évolutions, celui de transformation de notre établissement en collège universitaire, est ressenti par beaucoup dans les UFR comme un risque réel, amenant une disqualification culturelle non seulement des enseignants-chercheurs mais de l'ensemble des personnels.

1.3 Nous considérons qu'un des enjeux majeurs de notre établissement est celui de la collégialité  et de la démocratie dans les conseils : dans cette optique, il conviendrait de revoir les statuts, les tailles et les périmètres des collèges électoraux ; de veiller à ne pas transformer le futur Conseil d'Administration en conseil d'orientation stratégique laissant tout pouvoir au président – quelle que soit cette personne – et au conseil académique. Nous réaffirmons également le besoin d'une véritable transparence dans le traitement des demandes de postes par les composantes puis par les conseils centraux, et dénonçons les interférences du Comité de Pilotage Politique.

 

2. Politique d'établissement

2.1 (austérité budgétaire) La situation est paradoxale : l'argent coule à flots dans certains secteurs nourris par l'Agence Nationale de la Recherche, les programmes européens, et d'autres sources de financement, quand une grande partie des Universités sont en déficit. À l'Université de Tours, les finances ne se portent pas bien ; les déficits de notre établissement, dus à son sous-financement par l'État ainsi qu'au maintien en activité des plus gros salaires (par départ en retraite différé), pourraient se situer entre 0,7 et 1,3 million d'euros. Par suite, les services centraux et les composantes ont été sommés au mois de juin dernier de faire des économies (10 % pour les premiers, 2 % pour les secondes). Les conséquences se font sentir dès ce mois de septembre : enseignements fermés, déclassements de CM en TD, mutualisations forcées, postes gelés, menaces sur les décharges pour les Maîtres de Conférences nouvellement recrutés, etc. Les collègues font leur rentrée dans un contexte de grande incertitude, qui ne favorise pas un travail serein ; certaines de ces évolutions (on peux penser ici aux déclassements de CM en TD, qui sont massifs dans certaines UFR), participent d'une déqualification socio-économique des agents et dégradent le climat universitaire. Autant dire que nous sommes loin de l'ambition affichée par l'équipe présidentielle de favoriser le "bien-être" au travail.

2.2(précarité accrue) La part de l'emploi contractuel a explosé ces dernières années dans l'Enseignement Supérieur et la Recherche. L'Université de Tours n'a pas échappé à cette évolution qui résulte aussi bien du développement de la recherche sur projets que de la pénurie de postes de titulaires. Ces dernières semaines, plusieurs collègues, dont la durée des contrats approchent 6 ans (terme qui permet, selon la loi Sauvadet, de transformer sous conditions des CDD en CDI), sont informés que leurs contrats ne seront pas renouvelés. C'est une manière de contourner la loi Sauvadet et d'empêcher la stabilisation dans notre établissement de ces collègues — alors même que leur activité est bel et bien pérenne, dans la mesure où elle est indispensable à l'Université depuis plus de 5 ans. Comment promouvoir, dans de telles conditions, le "sentiment d'appartenance" ?

 

Sur ces apects, et sur d'autres encore que le cadre de cette intervention ne permet pas de détailler, les élus "Ensemble à Tours" expriment leur vive préoccupation et indiquent qu'ils resteront très vigilants dans l'exercice de leurs mandats respectifs.