Note de lecture

Refonder l’université, pourquoi l’enseignement supérieur reste-t-il à reconstruire.

La Découverte, octobre 2010

O. Beaud, A. Caillé, P. Encrenaz, M. Gauchet, F. Vatin.

Ce livre prolonge une tribune collective publiée dans Le Monde en mai 2009, dans la foulée du mouvement universitaire, par des collègues  actifs dans la contestation du décret statutaire  certains  aussi de la loi LRU,…et « certains de ses partisans modérés ». Bien des constats :

dangers de l’ANR, ridicule usage du classement de Shangai, connivence CPU/ministère… sont familiers aux lecteurs du mensuel du SNESUP  : « la marque de fabrique de la réforme impulsée par le loi LRU, c’est une vision radicalement hiérarchique et caporalisatrice de la production du savoir qui s’oppose diamétralement  aux valeurs universitaires de liberté de la pensée. ». Remettre au centre du post-bac les universités : « accueillir tous les bacheliers », « pouvoir orienter dans les différentes filières »  et « avoir le droit  de dire qui lui parait apte » sont les fils conducteurs de réflexions plurielles qui mêlent état des lieux et propositions.

 

Disons le tout net, on est confondu par les œillères de ces collègues, qui déconnectent les enjeux universitaires des grandes questions de société (nature du travail, éventail des emplois, fonctions de la culture …) et qui semblent ignorer que les universitaires sont aussi des salariés « ordinaires », confrontés aux exigences de leur employeur et qui se sont donnés des organisations syndicales (certes imparfaites d’autant que selon les auteurs elles ne sont pas dirigées par des professeurs !). Les mobilisations de 2009 ne sont portées au crédit que des associations (SLR et SLU) et collectifs…et juristes, et leurs effets réels sur l’emploi (pas de suppression dans le supérieur et la recherche), maintien du CNU et du caractère national du statut… sont ignorées. On lit une ré-écriture de notre histoire universitaire récente qui, par exemple, occulte les batailles menées partout pour faire émerger et gagner des listes anti-LRU dans les conseils centraux des établissements.

Une bibliographie (6 pages) très sélective conforte  cette vision.

(mensuel du SNESUP, octobre 2010)