Notes de lecture

Le nouvel opus d’Attali est arrivé.

 

Remis le 15 octobre dernier, le nouveau rapport de la commission pour la croissance ( !) (Attali), persévère dans le tout libéral, sans aucun égard pour  la réalité ni pour  la majorité du monde universitaire…et sans la moindre originalité. Qu’on en juge :

 

  • mode désignation du président de l’université : les personnalités extérieures, dont les membres  seraient désignés par le doyen (!!!) de l'université, devraient  pouvoirparticiper au vote. Le mode de scrutin des élections au CA  pourrait se faire au scrutinuninominal.
  • laisser les universités librement recruter et rémunérer leurs enseignants-chercheurs et répartir leur budget entre différentes affectations
  •  liberté de mieux sélectionner leurs étudiants  dès le master 1

 

Les modalités de fonctionnement  et les missions de l’AERES sont dans le viseur pour 3 raisons (dont une bonne) :

 

  • « pour évaluer les stratégies de recrutement des personnels des établissements, ce qu’elle n’est pas en mesure defaire actuellement, face à l’opposition du Conseil National des Universités » dixit Attali. Merci pour cet hommage du vice à la vertu !
  • pour obtenir une accréditation européenne et « rémunérer les experts à la hauteur de leurs compétences ».
  • pour une forme de retour vers le CNE dont les rapports transversaux manquent.

 

Pour de  solides critiques de l’AERES..

On lira le rapport de l’European Association for Quality Assurance in Higher Education (ENQA) quelques recommandations dérangeantes pour l’AERES. L’Agence y transparaît comme ce qu’elle est depuis 2006 : une « usine à notes » cloisonnée, opaque, prestataire docile du gouvernement. « L’ENQA a été quelque peu intrigué par l’attribution de notes aux formations et aux unités de recherche. [...] il relève que la publication d’une note, surtout lorsqu’elle est défavorable, risque de simplifier à outrance les résultats de l’évaluation de l’unité de recherche ou de la formation. Surtout, le maintien pendant quatre ans de cette note risque de qualifier injustement l’unité ou la formation ». L’ENQA estime ainsi officiellement que la notation est une pratique incongrue, insolite dans le cadre européen, et s’élève contre le maintien d’une même note pendant quatre ans. La tentative récente du ministère pour imposer un passage à cinq ans, outre son calendrier abracadabrant, allait donc complètement à rebours de la mise en garde européenne contre les dangers de la notation.
À propos de l’absence de procédure d’appel, l’ENQA écrit : « Quoiqu’elle en dise, l’AERES émet des conclusions qui peuvent avoir des conséquences formelles importantes dans la mesure où ces conclusions servent ensuite à la négociation des contrats entre les établissements et leurs autorités de tutelle. Elle n’a pas de véritable procédure d’appel ». La « commission des conflits » de l’AERES,  est connue son inutilité (deux dossiers réévalués en quatre ans) ! (source SNCS)