Le SNESUP rencontre le président de la Région

Le SNESUP rencontre le président de la Région

La rencontre entre l'exécutif de la Région Centre et la FSU+ le SNESUP en août 2010 éclaire certains des enjeux des élections au Conseil d'Administration du PRES.

Un débat franc sur des enjeux considérables pour les universitaires (carte des formations post-bac, PRES,...)

 

Pour le Conseil Régional : François Bonneau (Président), Patrick Riehl (VP délégué aux Universités – enseignement supérieur – recherche – innovation – transfert de technologie), N. Dubouloz (Direction Enseignement Supérieur, Recherche et Transfert de Technologie), P. Useguyo (Conseiller technique auprès du Président, Sylvie Fredon, collaboratrice du Président.

Pour la FSU : V. Mercy (resp. FSU Centre), J. Fabbri (SNESUP Tours), K. Fischer et Gw. Fabre (SNESUP Orléans) ; VM excuse les absents (SNASUB, UNATOS, SNEP) et rappelle que l’audience se fait au nom de l’ensemble des syndicats FSU du supérieur.

 

Introduction de VM pour la FSU, opérant le  lien entre cette rencontre et l’audience globale avec un large ensemble de responsables élus de la Région le  3 septembre.

JF rappelle que l’enseignement supérieur et la recherche sont des dossiers sur lesquels la majorité régionale reconduite en 2010 a à la fois un bilan et des engagements de campagne pour ce nouveau mandat. Il indique que sur une vision d’ensemble du postbac, le Coret (Conseil consultatif sur la recherche mis en place par la région), le PRES (ex. place et poids de l’ESCEM et des Ecoles d’ingénieurs), les pôles de compétitivité, les rapports avec le rectorat (CAEN, formation des enseignants), la masterisation, le SNESUP et  la FSU sont trop peu consultés, encore moins écoutés et entendus alors que la vitalité démocratique passe par la reconnaissance du rôle des organisations syndicales et en particulier de celles qui sont très largement représentatives.

Bien sûr la FSU apprécie l’effort de la Région sur les bâtiments universitaires, sur la mise à disposition d’ordinateurs… , mais on ne pourra approuver une  cartographie des formations et de la recherche  conçue au seul niveau régional qui ne se fasse plus assez aux niveaux national et européen.

A l’heure d’élaborer le règlement intérieur du PRES, la position de la Région sera-t-elle à nouveau similaire à celle des représentants du MEDEF ?

 

PR  se dit choqué sur ce qui est avancé sur le PRES par la FSU. La Région estime avoir « sauvé » le PRES en favorisant leur insertion en son sein, par  la création de 3 collèges (univ/CHU+CHRO/écoles),  des écoles qui « menaçaient » son existence ! PR informe que le  CA du PRES prévu le 13 juillet s’est transformé en réunion (convocation hors délais), mais c’est encore « grâce à la Région » et comme le souhaitaient les universités, qu’il y aura un président du PRES issu de l’UO et que le PRES siègera à Tours. 

PR mentionne qu’il y a des discussions avec les « patrons de labos » sur les appels d’offre : la Région va demander une lettre d’intention préalable pour simplifier et alléger la procédure.

Au sujet de la recherche, PR considère que le comité des organisations syndicales (COS, réuni par la Région) peut être un outil  du dialogue avec la Région et envisage qu’une séance annuelle de ce Comité (qui devrait être réuni plus souvent) soit consacrée à ces questions.

JF estime que le COS, à vocation beaucoup plus généraliste, n’a rien à voir avec la participation des organisations syndicales du supérieur  et de la recherche dans le processus de réflexion et de décision sur les aspects de la politique régionale qui les concerne directement. Il rappelle qu’il faut se mettre en accord avec les textes et que les organisations syndicales doivent faire partie des instances prospectives, que le dialogue avec les organisations syndicales représentatives comme le SNESUP et le SNCS des enseignants-chercheurs et chercheurs  est nécessaire, puisqu’ils sont les vecteurs de la réalisation des projets. Il n’y a pas que les « patrons de labos » ; il y a besoin d’élus et pas que de nommés, ( où sont les élus dans le PRES ?) Le CORIT et le COS sont deux structures complémentaires. La FSU demande à être associée au CORIT en tant qu’organisation la plus représentative, elle donnera un avis enraciné dans le milieu. La pluralité scientifique aussi est nécessaire dans le CORIT, la loi LRU et les tendances lourdes des appels à projets nationaux fragilisant certaines thématiques.

 

FB  souligne la faiblesse de la région sur les formations longues (-6 à 8%, vs les cycles courts BTS/IUT), et présente le nombre d’antennes comme un problème (« système atomisé »). « La proximité n’a pas de sens », on a vu que ça ne fonctionnait pas (cf n’a pas abouti à élever le niveau de qualifications) et « si on continue à atomiser […] si on ne travaille pas ensemble, on va perdre les masters ». Il fallait un lien entre les différents sites, sinon les étudiants continueront de partir. Enfin, il ajoute que, ne disposant que de l’argent des contribuables, il ne peut pas ne financer que des programmes sans retombées sur le territoire.

JF revient justement sur le PRES : pour assumer les missions de service public au sein des territoires, les 2 universités y contribuent bien davantage que les 4 écoles sélectives  dont la survalorisation du rôle  dans le PRES n’est pas justifiée. Il appelle la Région à cette mesure au lieu de viser une illusoire « visibilité ».

KF interroge sur l’intérêt de financer des programmes  de recherche déjà soutenus par des agences de moyens nationales ou internationales, et évoque les dangers de la régionalisation de la recherche et de l’enseignement supérieur. Elle demande aussi si une concertation se fait entre  les régions – quasi toutes à majorité de gauche – afin de contrer les décisions gouvernementales qui affaiblissent le service public.

Sur la régionalisation de la recherche, FB indique que la place des collectivités territoriales dans la recherche est « indispensable, sans quoi notre territoire n’a pas d’avenir ». Trois axes pour le financement de la recherche par la Région (qui est ouverte « à tout ») : financement en complément pour des projets déjà nationaux ou/et européens, financement selon des thématiques régionales, financement de projets blancs.  Il considère par ailleurs qu’il faut que la Région élabore un « schéma régional de l’enseignement supérieur ».

JF rappelle que le CAEN-supérieur ne s’est pas réuni depuis 4 ans, et que ce pourrait être le lieu d’une réflexion croisée (élus, universitaires élus, parents, organisations syndicales,…) et de convergences qui bousculeraient les choix actuels du gouvernement. Il attire l’attention de la Région sur deux dimensions : bien avant la loi LRU la coordination, voire l’harmonisation  des formations universitaires ne peut venir que de l’Etat (habilitations) et du choix volontaire des établissements, cela ne relève pas des compétences des régions. L’échange franc lors de cette réunion  démontre que l’exécutif régional  ne mesure pas les effets désastreux de la loi LRU sur l’enseignement supérieur et la recherche en particulier la fragilisation de la collégialité, le ressort cassé entre le plus grand nombre des universitaires et des présidents « managers », les pressions sur les thématiques scientifiques.