20 ans d'évolutions du supérieur à L'Est de l'Europe

Ouverture du dossier du numéro de juin 2011 du mensuel du SNESUP

On sait un peu les bouleversements considérables dans l’organisation politique et économique des pays dits du « bloc de l’Est » survenus à partir des années 90. Il n’est pas ici question d’en faire l’histoire, mais  de proposer  un éclairage nouveau. Si la littérature –traduite – et le cinéma fournissent quelques images d’un monde bousculé, où la jeunesse est très présente (le cinéma roumain par exemple), ce qui a changé dans le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche reste plutôt opaque sauf  pour des collègues qui ont maintenu ou développé des échanges scientifiques vers ces pays.  

Le cadre géographique a beau être cohérent, ni l’histoire longue et récente de ces pays ni les traditions universitaires ancrées dans des cultures largement autonomes n’avaient  façonné une situation homogène. Des pays baltes à la Bulgarie, de l’Allemagne à la Russie les contrastes  étaient et sont considérables. La proportion d’étudiants au sein de la jeunesse, la mobilité internationale (de 0,5% à 10%), l’usage des langues étrangères dans les cursus (au premier rang l’anglais), les moyens de financement, l’expatriation de collègues…devraient faire l’objet d’analyses spécifiques.

Cependant de grands traits communs sont indéniables : la part croissantes des établissements privés et le creusement d’inégalités sociales –lesquelles apparaissent dans tous les secteurs de ses sociétés – et aussi des inflexions notables dans les contenus enseignés comme dans les thématiques de recherche. Les interventions extérieures –fondations, Etats et Union Européenne – n’ont pas manqué, source d’expériences sans doute, mais aussi volonté de peser voire de piloter les changements dans le domaine de la formation qui sont pour partie le socle des évolutions ultérieures de ses sociétés. Tout un ensemble d’enjeux sur lesquels les communautés scientifiques et leurs institutions, comme leurs organisations syndicales ont été le plus souvent tenues à l’écart.