Laurent Wauquiez : ministre choc contre les universitaires

Sur le Blog de Jean Fabbri (et dans le numéro de septembre du mensuel du SNESUP)

Le début de l’été a vu une réorganisation du dispositif gouvernemental à la suite du départ de C. Lagarde vers le FMI. Dans ce jeu de chaises musicales  V. Pecresse  a réussi à s’exfiltrer d’un ministère où la politique qu’elle menait était fortement contestée, faisait de moins en moins illusion et où manifestement elle n’avait plus aucun intérêt depuis longtemps. Elle a ainsi laissé le Monopoly des PRES  et des fusions universitaires pour ce qui ressemble pour elle à un nouveau joujou, le budget de la France. Ses interventions récentes tant sur les niches fiscales (dont l’inefficace Crédit Impôt Recherche qui est maintenu) que dans la promotion inlassable  et bêtifiante du gadget actuel de la droite qu’est la « règle d’or » sont bien solidaires des choix ultra libéraux de la droite française.

 

 

Laurent Wauquiez  s’est  donc transféré  vers les bureaux de la rue Descartes avec la quasi-totalité des personnes (essentiellement en charge de diverses formes de communication) qui l’entourait  déjà au ministère des Affaires Européennes.

 

 

Le 8 mai dernier, Laurent Wauquiez  faisait parler de lui (il aime ça) en frappant fort contre les "dérives de l'assistanat", qualifié de "cancer de la société française". Il annonçait alors une proposition de loi de son groupe "La Droite sociale" qui obligerait les bénéficiaires du RSA à assumer "chaque semaine cinq heures de service social".  Il conclut :"le RSA est l'erreur majeure du quinquennat"  et ajoutait, pour ne pas laisser seuls Guéant, Besson et Hortefeux, que notre  système de protection social, "le plus généreux d'Europe", permet aux étrangers, "très facilement, de bénéficier de nos différents outils de solidarité". "Il est normal que quelqu'un qui vienne en France bénéficie de notre système à condition qu'il ait un minimum contribué".  La présidentielle de 2012 et ses suivantes, côté surenchères de droite sont bien au centre malsain de ses propos. Même s’il cultive un côté jeune et brillant, L. Wauquiez  participe tant sur le plan idéologique que dans ses pratiques politiques de la plus réactionnaire des droites et de ses turpitudes financières. Il fut rappelé à l’ordre dès  sur une affaire de financement de micro parti politique (comme Pécresse et Woerth plus tard).


En juillet 2010  est révélé que  pour son parti Nouvel Oxygène, créé en 2008 il a rencontré des hommes d’affaires Français, implantés à Londres, pour leur demander des fonds. Secrétaire d'État chargé de l'Emploi  en 2008 il met en  œuvre  de manière brutale la RGPP dans la fusion  qui aboutit à   Pôle emploi, programme phare de Nicolas Sarkozy

 

Depuis qu’il est devenu ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, il s’est employé à finasser sur le 10ème mois de bourse  arraché l’an passé au gouvernement   par les étudiants. Il est passé en force comme jamais  dans l’histoire contre l’immense majorité des organisations d’enseignants universitaires (voir article p xx) sur l’arrêté réorganisant  le cycle licence  en matière de contenus, de modalités et de contrôle des connaissances. Inscrivant son action dans la logique des hiérarchies internationales  que seule les politiques françaises entretiennent à ce point, il s’est précipité sur le premier classement de Shanghaï venu…en rajoutant même ! « Les auteurs du classement, à ma demande, ont réalisé une simulation et proposent de les [les PRES] prendre en compte à l'avenir s'ils poursuivent leur rapprochement. Les résultats sont extraordinaires. Quatre regroupements pourraient intégrer directement le top 50, avec les établissements du campus de Saclay, ceux de Paris Sciences et Lettres Etoile (ENS Ulm, Dauphine...), et les PRES Sorbonne Universités [Paris-2, 4, 6, ] et Paris Cité [Paris-3, 5, 7, 13] »

Il est temps de stopper ces prédateurs !