Des voeux pour 2012 à Tours

Après les vœux  du président de l’université (20 et 27 janvier) …

 

Il est naturel pour un président d'université de rencontrer les personnels comme les partenaires scientifiques et économiques et politiques lors de tels événements rituels qui pour partie rythment l'activité sociale. L'exercice est contraint et ne permet certes pas d'y délivrer l'ensemble des analyses. Néanmoins on reste confondu à l'écoute des discours de Loïc Vaillant dans ces occasions.


Bien sûr nous pouvons nous réjouir de la réussite des  étudiants, des résultats scientifiques auxquels certains ont contribué, comme de l'avancée de chantiers immobiliers qui vont améliorer les conditions de travail des étudiants et des personnels, mais cela doit-il conduire à la présentation d'un monde universitaire idéal où Tours est avant tout bon élève de la distribution des labels (Labex, notes de l'AERES, statistiques d'arrivées à l'université) et où le président de l'université boit de bonnes paroles du Directeur général de l'Enseignement Supérieur? Ne peut-on espérer d'un président d'université quelques mots et actes forts pour aussi dénoncer la course incessante aux "projets", les difficultés pour trouver des supports d'emplois stables tant pour nos missions de recherche que de formation, et par voie de conséquence une augmentation considérable de la précarité des personnels? Tout en saluant le travail des collègues et doctorants venus de toute la planète pour travailler à Tours, n'est-il pas judicieux, solidaire et surtout cohérent avec l’esprit universitaire de contester les circulaires Guéant-Wauquiez relatives aux étudiants et diplômés étrangers?


Enfin ne rien dire d'un contexte où à cause du chômage de masse qui touche 4,5 millions de personnes en France et fragilise la génération des 18-30 ans (même si les diplômes restent des atouts d'insertion professionnelle) les inquiétudes déboussolent la jeunesse et perturbent les études, n'est pas prendre la mesure d'une crise  qui ébranle aussi l'université et qui donc l'interroge. Dans ce cadre l'ambition présentée comme stratégique,  d'obtenir pour l'université de Tours, la dévolution de son patrimoine immobilier doit alerter les personnels et les étudiants. Nos missions de formation et de recherche exigent d'autres voies, certainement moins complaisantes avec les logiques du ministère, mais plus conformes aux authentiques valeurs universitaires.


Jean Fabbri