Un curieux anniversaire

40me anniversaire de l’université de Tours

 

L’enseignement supérieur dans notre pays est contrasté, son organisation générale reste peu lisible pour la majorité des jeunes et leurs familles. La « dualité »  filières sélectives (entendues par là Ecoles recrutant après  les CPGE ; IUT,…autres) et université  comme    la présence croissante de diverses formes d’enseignement supérieur privé à côté du service public  obscurcissent les enjeux d’avenir en matière de recherche et d’enseignement supérieur.

Pourtant l’essentiel est là : dans les universités se réalise l’articulation forte entre enseignement et recherche. La présence et  le rayonnement de l’université à Tours sont à défendre. C’est l’intérêt de tous les citoyens !

 

A Tours les universitaires entendent jouer pleinement ce rôle. Le peuvent-ils vraiment dans le contexte de la loi LRU de 2007 et des orientations budgétaires qui l’accompagnent sans la création du moindre emploi statutaire ?

Ces jours-ci le président de l’université a présenté son rapport annuel d’activité. Il confirme une fuite en avant (vers quoi?) de la direction de l'université qui dissimule  son absence d'ambition et de réflexion derrière les commémorations du 40eme anniversaire de l'université.

L’université François Rabelais de Tours, comme l’ensemble de l’enseignement supérieur, est malmenée par les choix gouvernementaux qui favorisent  quelques établissements et un petit nombre de collègues. A l’université de Tours, on  constate, un affaiblissement de la collégialité et la multiplication de processus de décisions qui marginalisent à la fois des collègues (même les plus engagés dans la vie scientifique et pédagogique  sont découragés) et  les instances élues. Sur le plan concret, l’université ne met pas en avant de manière stratégique les contenus de formation tant pour les étudiants en formation initiale que pour la formation de tous les publics à tous les âges de la vie. Elle tend à concentrer sur quelques niches de rentabilité ou de mode  ses priorités scientifiques.

A Tours, c’est une logique managériale et bureaucratique qui étouffe les personnels et  confisque aujourd’hui tous les choix du PRES (coopération régionale).  La preuve ?

Les élus  du Conseil d’Administration de l’université  ont découvert le  vendredi 1er octobre un document présenté comme stratégique soumis au vote le lundi 4. Il contient des éléments JAMAIS discutés auparavant comme la demande de dévolution du patrimoine immobilier à brève échéance ou –serpent de mer de la dernière décennie- la constitution d’une sorte de méga-PRES  appelé « université fédérative » visant à rapprocher Tours et Orléans et Poitiers et Limoges et La Rochelle.

Les personnels qui mettent le plus souvent toute leur énergie pour faire avancer les connaissances et faire réussir les étudiants ne peuvent se contenter des festivités du 40 ème anniversaire dont ils sont pour une large part seulement spectateurs. Ils ont  aussi besoin de nouveaux collègues pour faire face à leurs missions alors que tant de jeunes diplômés sont au chômage.

Oui l’université doit vivre au cœur de la ville, avec et pour tous les publics…mais tous les jours et pour longtemps. C’est affaire de l’engagement des universitaires et de l’attention de tous les citoyens à la défense d’une université de plein exercice, riche de sa pluralité et des savoirs fondamentaux comme des plus appliqués.

 

La section SNESUP de Tours et ses élus dans les conseils de l’université