Destructeurs IDEX

Introduction au dossier du menseul du SNESUP d'avril 2012,

jean fabbri et marc neveu

 

Des synergies scientifiques nombreuses existent et leur développement est possible entre universités
et organismes de recherche. Ces liens, pour jouer pleinement leur rôle, supposent de larges
concertations qui inscrivent leur cadre dans le dynamisme et la richesse des libertés scientifiques
confortées par les statuts de la fonction publique d’État. Le SNESUP porte de telles perspectives.
Avec les opérations Idex c’est tout le contraire qu’organise, dans la précipitation
d’une fin de législature, le gouvernement actuel.


Après les deux phases de sélection, retenant huit projets d’« Initiatives d’Excellence »
qui ont contourné toute représentation des personnels et des étudiants, le gouvernement
veut à présent faire signer des contrats État-Idex à marche forcée avant le 15 avril.
Comme le montre notre dossier, ces Idex, élaborés dans la plus grande opacité, conduiraient
à un bouleversement considérable du service public d’enseignement supérieur et de recherche.
Les Idex organisent en effet mise en concurrence, division et exclusion, tant pour les établissements,
les thématiques de recherche et les formations que pour les personnels. Ils figent une violente
hiérarchisation des établissements en changeant de fait leur nature. Ceux participant à ces Idex,
dont le périmètre exclut déjà la majorité des personnels, sont dépossédés des capacités de décisions
concernant leur avenir. S’organise ainsi une généralisation des filières sélectives
aux droits d’inscription non réglementés.


Les contributions du dossier éclairent différents aspects tous inquiétants : place des ALLSHS,
aménagement du territoire, transparence budgétaire, démocratie et collégialité. Elles permettent
aussi d’envisager, voire d’explorer, d’autres voies : revitalisation de lieux de prospective scientifique,
réhabilitation du temps long pour la recherche, développement des logiques de réseaux. Stopper la
machine infernale des Idex, c’est éviter le naufrage de la recherche en France. Il y a urgence.