Des Assises ...pour rien? Blois= fiasco

La phase régionale de ces Assises à Blois a rassemblé une centaine de personnes.
Auparavant il y avait eu une journée ouverte à des forum- ateliers et des restitutions à l'université de Tours (ouverts à tous les personnels et extérieurs) avec environ 120 personnes et des réunions des conseils centraux du côté Orléans ainsi qu'une réunion ciblée "recherche" sur le campus CNRS d'Orléans.
Côté Tours, les discussions étaient ouvertes, pouvaient donner lieu à des propositions collectives hétérodoxes et ont permis un brassage relatif avec des personnels BIATSS, des étudiants...

Selon mon observation il y avait dans l'assistance à Blois, un quart d'enseignants-chercheurs et enseignants (dont beaucoup investis de responsabilités dans les exécutifs des établissements ou des composantes) presque la moitié de "collaborateurs" divers et variés des élus locaux (Région, départements, villes) et d'encadrement non enseignants des établissements. Le patronat CCI, le MEDEF,  étaient là et n'avançaient pas masqués du genre "le doctorat il faut nous le vendre en le décomposant en compétences".
Côté Orléans les sections SNESUP et SNASUB avaient décidé le boycott, côté Tours la section syndicale SNESUP avait décidé d'investir ces moments (sans exclure d'autres modalités  : tract électronique à tous les personnels), d'y distribuer l'appel de janvier et un tract spécifique (ci-dessous).
Nos analyses et propositions n'ont pu être ignorées des participants qui en ont repris plusieurs, mais la version orale  par P. Vendrix de ce jour de la "synthèse" est d'un conformisme effrayant : le procédé de filtration fonctionne à plein régime dans une logique qui se concentre -contre les opinions exprimées -sur les seuls aspects régionaux de l'enseignement supérieur et de la recherche.



jean fabbri


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BLOIS : des assises pour quels enjeux ?

 

Annoncées dès la campagne présidentielle par le candidat Hollande, comme contre-feux à des critiques portant sur un programme bien mince en la matière, des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche sont imminentes… mais loin d’être  au cœur des soucis des personnels.

Les premiers mois de ce gouvernement ne lèvent pas nos interrogations. Comme ses prédécesseurs, le gouvernement et la ministre contournent la représentativité avérée du SNESUP, souvent noyée dans des forums où le moindre des lobbys  corporatistes y bénéficie  d’autant de poids. Ces Assises hâtivement et étroitement mises en place et contrôlées par une ribambelle d’anciens présidents, recteurs et nouveaux mandarins,  excluant significativement tout maître de conférences de leur « pilotage », n’augurent à elles seules rien de bon.

Pour autant le processus peut échapper à ses initiateurs !

A cette fin, le SNESUP ne campe pas sur une posture de seule critique. S’il dénonce l’absence de mesures d’urgence (postes, budget), s’il entend  être à l’origine ou participer à toutes les initiatives fédérant le monde universitaire autour de revendications structurelles fortes, il  creuse des pistes qui répondent aux exigences d’aujourd’hui. L’urgence de la rentrée est bien de fortifier et unifier l’intervention  indispensable des personnels dans les prochaines semaines.

 

Lundi 1er octobre, les discussions  dans le cadre de la journée organisée à l’université de Tours ont sensiblement débordé le cadre contraint des Assises...

Nos critiques quant au calendrier, aux modalités... au fond même des questions balisées au niveau national, restent fondées, mais la journée  a aussi permis que des analyses et quelques propositions souvent exprimées par nos soins (à titre syndical ou dans les conseils de l’université de Tours ou au CAEN) ont été mieux entendues, voire partagées ou encore reprises dans des synthèses.

 

Des revendications claires émergent donc :

1) La priorité à affirmer les logiques de  recherche en   terme  de "programme" plutôt que  de  "projet": c'est un pas vers le renforcement du récurrent contre l'ANR

2) Le souhait de voir le MESR intégrer les lignes budgétaires et les effectifs des CPGE et STS

3) Les interrogations sur la pertinence et le périmètre des RCE en particulier pour la masse salariale des personnels d'Etat

4) Des interrogations sur le système APB qui fige une concurrence entre filières de formations et entre établissements au détriment d’une orientation rationnelle

5) Le refus d’une régionalisation de l’enseignement supérieur

6) L’exigence très partagée d’une régulation nationale forte  portant sur les formations, les financements, la recherche… opérée par une instance légitime, seule condition de l’autonomie des établissements dans le cadre du service public

7) Le lien structurel entre enseignement et recherche et le besoin d’afficher dès l’entrée dans l’enseignement supérieur à la fois une continuité et une rupture dans les objectifs et les méthodes pédagogiques.

8) Le besoin de lieux de décisions collégiaux non parasités par des dimensions technocratiques et/ou des  filtres antidémocratiques (type CA des universités, CA du PRES, conseil scientifique du PRES, CORIT,…)

9) L’inquiétude devant les gels d’emplois (20 postes à Tours…2230? au niveau national !)