Reforme des concours (capes) et de la formation des enseignants : baclée et dangereuse


Le SNESUP invite tous les collègues à une réunion d’information
le mardi 12 février de 12h à 14h Tanneurs Extension salle 06


Aujourd’hui (février 2013), que sait-on des projets de réforme ?
Les concours sont « rénovés », dans le cadre de nouveaux Masters
Tous les CAPES comportent désormais deux épreuves écrites d’admissibilité sensées
toutes deux « évaluer la capacité du candidat à mobiliser des savoirs et des techniques dans
une perspective professionnelle ». Seule une de ces épreuves est constituée par l’exercice
dissertation/composition, spécifique de la discipline. Les deux épreuves orales d’admission
vérifient toutes les deux « la capacité à élaborer une activité pédagogique à destination des
élèves, à investir une posture d’enseignant et à maîtriser des gestes techniques et
professionnels ».
L’ensemble du concours (écrit et oral) se déroule à la fin du M1. Dès le S3, les
étudiants qui ont réussi le concours sont donc, pendant toute leur année de M2, professeurstagiaire
: ils doivent achever leur formation (pour obtenir leur Master à la fin de l’année) et
faire leur stage en établissement à raison d’un demi-service (qui leur permet d’être, ou non,
titularisés).
Les ESPE (Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation) à la place des IUFM
Ce sont elles qui organisent la formation, via les Masters « Métiers de l’Enseignement,
de l’Éducation et de la Formation » qui comporteront des spécialités et des parcours selon le
type d’enseignement (1er ou 2nd degré, professionnel, etc.) et les disciplines. Chaque académie
ne pourra installer qu’une seule ESPE. L’accréditation des ESPE par les deux ministères (EN
et ESR) emporte l’habilitation à délivrer le diplôme de Master MEEF.
Un calendrier qui se moque du travail collectif et de la réflexion
Le 28 février doivent être remis les pré-projets de création d’ESPE qui sont ensuite
instruits jusqu’au 12 mai par les ministères concernés, avant un retour devant les
établissements pour que les CA se déterminent. Le 15 juillet est prévue l’accréditation par le
CNESER afin que les ESPE accréditées ouvrent le 1er septembre. Pendant ce temps, les jurys
des concours sont sommés de proposer de nouvelles architectures des CAPES.
…/…
Pourquoi cette nouvelle réforme n’est-elle toujours pas satisfaisante ?
Certes, on ne peut que se réjouir que soit reconsidérée la réforme de la mastérisation,
dont tout le monde a pu constater la nocivité. Malheureusement, non seulement ce nouveau
projet de réforme n’améliore pas la formation des enseignants, mais il lui est de nouveau
préjudiciable :
1) La réintroduction d’une formation en alternance après le concours avec un-demi service
devant les élèves peut d’abord sembler positive. Mais cette année de stage correspond à
l’année de M2 : pense-t-on raisonnablement qu’on parviendra à poursuivre et
approfondir la formation des étudiants-professeurs-stagiaires, alors qu’ils seront
occupés dans leurs établissements ?
2) Le concours, placé en fin de M1 (en réalité en cours de S2) stérilisera cette année et
introduira nécessairement de graves dysfonctionnements. Ainsi, l’initiation à la
recherche dans la discipline (par la rédaction d’un mémoire ou d’un dossier) sera la
première sacrifiée des maquettes de M1. Comme l’année de M2 (pour les étudiants qui
auront réussi les concours) ne permettra pas non plus ce travail (cf. supra), les futurs
enseignants transmettront donc une discipline sans avoir été un minimum initiés à la
recherche, donc à la construction des savoirs.
3) Les épreuves des concours sont sérieusement modifiées, dans le sens de la
professionnalisation. Cette dernière n’est pas en soi critiquable, mais d’une part on sait
à quel point il importe que les futurs enseignants soient d’abord solides dans leur
discipline avant de la transmettre ; d’autre part cette professionnalisation est réduite,
dans les textes ministériels, à une série de « gestes professionnels » ; enfin comment
penser sérieusement que les étudiants en fin de M1, alors qu’ils auront peut-être
bénéficié au mieux d’une quinzaine de jours de stage, pourront être évalués sur leur
« maîtrise des gestes professionnels » et leur capacité à « se situer et agir au sein d’une
équipe pédagogique » ? Cette professionnalisation est en réalité un leurre : il s’agira,
dans le meilleur des cas, d’un vernis théorique de procédés et de trucs pédagogiques.
4) Dans la mesure où ces Masters MEEF seront pilotés par les ESPE, les Masters
disciplinaires de l’université en seront affectés : plus de « parcours » ou de
« spécialité » « enseignement » dans les Masters ; les étudiants qui prépareront ces
Masters MEEF seront coupés de ceux qui, inscrits dans les Masters Recherche, suivent
cours et séminaires de leur discipline et s’initient à la recherche. Il va de soi que, dans
un contexte d’austérité budgétaire et alors qu’on demande sans cesse aux universitaires
de « revoir l’offre de formation », certains Masters à faibles effectifs seront
particulièrement vulnérables.
D’autres problèmes (comme par exemple l’organisation et le fonctionnement démocratiques
des ESPE, ou encore les « emplois d’avenir professeurs ») méritent discussion : venez
nombreux le Mardi 12 février de 12h à 14h
Tanneurs Extension salle 06