Les lettres d'Alcofribas

La section SNESUP de Tours publie régulièrement depuis 2005 des lettres d'information. Nous leur avons donné le nom de plume choisi par Rabelais, comme l'un des ses pseudonymes : Alcofribas Nasier anagramme de François Rabelais

La plus récente des lettres :

Alcofribas n°100 - Le 28/05/2018

Frédérique Vidal, la sibylle de Panzoult

 

Pour célébrer son centième numéro, la Lettre d’Alcofribas, publication de la section SNESUP de l’université (ex-François-Rabelais) de Tours, vous offre une petite rabelaiserie.

Depuis quelques semaines, Emmanuel Macron ordonne à ses ministres d’aller « sur le terrain » : il faut « faire de la pédagogie », « aller à la rencontre » des « vrais gens », on connaît la chanson. Le 17 mai, les ministres étaient donc sommés de s’égayer « dans les territoires » : Bruno Le Maire à Pessan dans le Gers, Jean-Michel Blanquer à Alençon dans l’Orne, Muriel Pénicaud à Bayeux dans le Calvados etc. Et… Frédérique Vidal à Panzoult en Indre-et-Loire. Que vient donc faire la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche dans cette charmante bourgade du Chinonais, forte de 550 habitants ? Mais c’est bien sûr, nul besoin de s’interroger plus longuement : elle vient raviver le souvenir de la sibylle de Panzoult, celle qui « prédit toutes choses futures » et que Panurge, sur les conseils de Pantagruel, consulte au chapitre XVII du Tiers Livre (1552) ! Panurge est enthousiaste à l’idée de cette visite : n’est-ce pas grâce aux conseils de ces « Présages femmes » que chaque jour, il fait « une selle ou deux extraordinaires » ? La rencontre devrait être profitable. Las, elle commence mal : « la vieille était mal en point, mal vêtue, mal nourrie, édentée, chassieuse, courbassée, roupieuse, langoureuse ».

                Heureusement, rien de tel n’attendait les sections SNESUP et SGEN de l’université de Tours, ce jeudi 17 mai 2018 : elles avaient bien sollicité une entrevue avec la sibylle Vidal, moins pour connaître l’avenir de l’université française (la lecture de la loi ORE suffit à s’en faire une idée assez précise, tout comme le non-financement des universités), que pour porter les légitimes revendications des personnels de l’université de Tours. Mais les organisations syndicales n’eurent pas l’honneur de rencontrer la sibylle. Il faut dire qu’à la différence de Panurge qui se présenta humblement devant la prophétesse avec « une couille de bélier » en cadeau, les syndicats, eux, voulaient transmettre la colère et le désaveu de leurs collègues. C’est donc un chef de cabinet de la ministre Vidal qui reçut la délégation SNESUP et SGEN et qui leur tint un langage de… directeur de cabinet.

                La sibylle de Panzoult se moqua bien de Panurge : après avoir écrit, en vers abscons, ses présages sur des feuilles qu’elle dispersa aux quatre vents, elle « se retira en sa tanière, et sus le perron de la porte se retroussa robe, cotte, et chemise jusqu’aux aisselles, et leurs montra son cul ». L’avatar 2018 de la sibylle de Panzoult n’a pas offert un tel spectacle aux organisations syndicales, mais quelle différence ? Des paroles en l’air, des éléments de langage et le vide abyssal.

 
 
 
Voir l’intégralité du texte de François Rabelais
https://renom.univ-tours.fr/fr/index/corpus/francois-rabelais/le-tiers-livre-1552/comment-panurge-parle-la-sibylle-de-panzoust-chapitre-xvii
 
Rencontre du 17 mai 2018

avec le cabinet de Mme la ministre de l’enseignement supérieur

Rappel des revendications nationales :

·         Abandon de la version actuelle de Parcoursup : dispositif sélectif totalement inapproprié, les collègues éprouvant un très réel malaise dans l’examen des dossiers et/ou le paramétrage des outils d’aide à la décision. Remise à plat de la loi ORE

·         Accès à l’enseignement supérieur de droit pour tous les bacheliers

·         Cohérence de la licence et pas diplôme « à la carte »

·         Rétablissement de normes ( ex SAN REMO) pour l’attribution de moyens aux universités et plan de rattrapage du sous-encadrement actuel

·         Plan de titularisation pour les précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche, redéploiement des financements sur Appel à Projet vers les budgets récurrents

·         Revalorisation salariale

Revendications locales

·         Remise à plat de l’article de la loi de 2013 sur les politiques de site par l’ajout aux 3 options actuelles d’un item sur les coopérations en réseaux (via par exemple les CAEN « enseignement supérieur ») vers un dispositif d’association sans chef de file et sans exécutif.

·         Besoins d’emplois : à Tours +4500 étudiants et + 30 emplois en 10 ans. Programmation pluriannuelle d’emplois statutaires à la hauteur de 250 : 100EC+E et 150 Biatss

·         Arrêt des atteintes au Droit

1.        Plusieurs affaires mettent en cause le président de l’université de Tours (atteinte à la sincérité d’un scrutin UFR sciences et techniques, licenciement abusif, …)

2.        Droit syndical bafoué (UFR sciences et techniques, VP CFVU)

·         Réelle compensation budgétaire des étudiants boursiers versée dès l’année en cours

·         Maintien du CEA dans le département, facteur de riches coopérations universitaires (équipements communs financés par la Région)

·         Mise à niveau des locaux : financement construction EPU et équipements sportifs

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