Le blog de Jean Fabbri :

Universités – Recherche : un rôle public irremplaçable

Universités – Recherche : un rôle public irremplaçable

 

En cette rentrée, alors qu’une forme inédite de perte de repères envahit tout l’espace social, établissements d’enseignement supérieur inclus, le rôle des militants syndicaux est plus encore qu’hier indispensable. Catalyseurs  du décryptage des enjeux locaux et nationaux liés aux regroupements pilotés à grande vitesse par le gouvernement, acteurs des convergences locales avec les autres organisations syndicales et les étudiants, acteurs de la solidarité auprès des collègues –de plus en plus nombreux– victimes de formes diverses de déqualification, les responsables des sections SNESUP sont l’ancrage de nos engagements collectifs nationaux et fondent leur légitimité.

Le présent texte veut, en appui des instances du syndicat, nourrir réflexions et propositions, tant sur les revendications et actions immédiates que sur les perspectives que nous pouvons dessiner pour un service public d’enseignement supérieur et de recherche profondément démocratique dans ses visées et son fonctionnement. La mise en commun de nos expériences et de nos propositions est gage d’efficacité. C’est le sens de cette contribution Action Syndicale qui ne cerne, délibérément, qu’un nombre restreint d’aspects de cette rentrée.

Façonnés par une vingtaine d’années de précarisation de l’emploi scientifique, d’emprise accrue de l’idéologie de l’entreprise et des logiques marchandes, de démonétisation des diplômes, beaucoup de nos collègues ne mesurent plus la perversion de l’idéal universitaire qui est désormais presque partout la norme. La loi Fioraso y a apporté l’élément nouveau du démantèlement –remembrement dans le cadre des COMUEs.

Le SNESUP est légitime pour faire défendre par les universitaires et bien plus largement par nos concitoyens l’idée que l’enseignement supérieur doit permettre le lien étroit entre recherche et formation pour contribuer aux avancées scientifiques et préparer les nouvelles générations au monde à venir. Pour développer des coopérations librement choisies et mutuellement avantageuses, les universitaires n'ont pas attendu les injonctions de la loi. Avec le technocratique et rigide statut de COMUE, c'est une autre logique qui leur est imposée :

—découplage de la recherche et des formations en particulier dans le lien des niveaux L et M ;

—réduction des moyens propres de chaque établissement et à terme, menaces sur l'emploi ;

—mise au pas de la démocratie collégiale des universités ;

—renforcement de l'emprise des milieux économiques sur les choix scientifiques.

 

Les résistances locales se multiplient, qu’elles soient marquées par les spécificités géographiques, thématiques ou liées aux alea des histoires de nos établissements. C’est au syndicat d’en synthétiser et d’en amplifier la dynamique pour peser tant sur le gouvernement que sur les parlementaires afin de changer un cadre législatif justement contesté.

Plus encore, c’est à notre syndicat de porter sur ce plan, et sur d’autres qui en sont solidaires, de réelles propositions en termes de coopération, de services publics, de fiscalité…pour rompre avec les choix  délibérément libéraux du gouvernement.

En liaison avec ce mouvement, doit se reconstruire la légitimité représentative pour laquelle le SNESUP a toujours vaillamment défendu des plateformes revendicatives dans les scrutins professionnels. Les scrutins de décembre  pour les CAPN, le CTU les CTE,…ne sont pas avant tout un test de représentativité comme voudraient le faire croire certains. Ce qui est en cause ce sont nos statuts : maintenir des statuts nationaux et en améliorer le cadre ou les voir disparaître en une atomisation de « statuts » d’établissement qui rendraient impossible le maintien de règles communes  en termes de recrutements, de salaires, de mobilité…

 Ces enjeux sont accrus aujourd’hui par la crise profonde de la démocratie représentative, de toutes les instances et conseils élus, par la perte de crédibilité qui affecte les organisations comme les élus. Inscrire la démarche syndicale dans une reconquête fondée sur une éthique syndicale et universitaire exemplaire est vital. Cet aspect lie absolument les dimensions nationales et locales de la vie syndicale. Celle du SNESUP est marquée par un fléchissement  du nombre de ses adhérents, par la proportion croissante qu’y occupent les retraités du fait d’un nombre trop faible de jeunes collègues dans la syndicalisation récente.

Il y a là aussi une inflexion à donner à nos pratiques, à la presse syndicale, aux services rendus aux adhérents. C’est avec confiance qu’il convient d’aborder toutes ces questions qui mêlent tous les enjeux syndicaux.

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